Place de l'entretien psychologique au cours de la polyarthrite rhumatoïde
Le soutien psychologique des malades atteints de polyarthrite rhumatoïde s'avère de plus en plus être un élément important dans la prise en charge de la maladie.
Beaucoup de malades souhaitent, au cours de leurs contacts avec les médecins, pouvoir parler d'autres choses que de traitements, mais ils n'osent pas formuler leur demande (la visite médicale est peut-être trop codifiée...à force de voir toujours le même médecin on ne sait plus quoi lui dire.)
Dans beaucoup de centres hospitaliers, les services de rhumatologie et de réadaptation fonctionnelle, à la demande du personnel soignant, ont institué des entretiens psychologiques afin d'aider les malades qui en acceptent l'entreprise. Il s'agit pour eux de parler librement du vécu de leur maladie, des événements vitaux qui ont précédé ou succédé à l'installation de leur polyarthrite, d'analyser l'influence des uns sur les autres.
Beaucoup de malades ont remarqué que les premières manifestations de leur maladie se déclaraient dans les périodes de fragilité psychologique secondaires à la survenue d'un événement traumatisant. Qu'il s'agisse d'un deuil, d'un divorce, d'un accident, le malade se trouve particulièrement désarmé, ce qui crée en lui un état d'angoisse auquel il doit faire face. L'entretien psychologique vient à point, dans ces cas là, pour aider les malades à exprimer leur désarroi et leur sentiment de confusion et les amène à sérier les problèmes en faisant la part des choses. L'importance pour eux est de prendre conscience que l'avenir n'est pas bouché comme ils auraient tendance à le penser.
La polyarthrite une fois installée modifie peu à peu le mode de vie des malades. La souffrance est un facteur d'isolement ; le malade souvent ne se donne pas le droit de le dire. Cela lui demande d'exercer sa volonté jusqu'aux limites du possible. Des mouvements d'humeur, des accès de dépression viennent troubler les relations du malade dans son milieu familial et son travail.
L'entretien psychologique constitue un moment d'écoute privilégié où le malade, se sentant rassuré, peut parler des difficultés qu'il rencontre de par sa maladie. Exprimer librement ses peines, ses incertitudes, son souci de l'avenir lui permet de rompre la solitude dans laquelle il se sent enfermé.
Quand la polyarthrite se trouve installée depuis longtemps, avec son cortège de handicaps, le malade peut devenir de plus en plus dépendant des autres. Un réaménagement des rôles dans le quotidien devient alors nécessaire (les places sont changées, le mari s'occupe désormais des tâches ménagères). L'environnement du malade se rétrécit. Le malade ne trouve pas toujours auprès de lui le soutien moral qu'il souhaiterait ; c'est la période où l'on aurait tendance à se laisser aller vers une attitude de démission.
Autant et peut-être plus qu'au début, le malade a besoin de se sentir compris. L'entretien psychologique à cette phase permet de soutenir le moral défaillant, de le valoriser dans son combat quotidien contre la maladie et de l'encourager dans sa lutte.
Cet article a été rédigé dans le bulletin d'informations et d'échanges destinés aux polyarthritiques de l'association ANDAR de novembre 1988 par le docteur Martine Sany.
Bien que dix ans aient passé depuis la publication de cet article, les problèmes que rencontres tous ces malades atteints de polyarthrite n'ont pas changé, c'est pourquoi je me suis permis de l'utiliser pour vous informer au mieux (étant concernée au plus haut point, et trouvant cet article au plus près de la vérité)